Les enfants ont pour la plupart d’entre eux une grande capacité d’adaptation, mais le contexte actuel anxiogène lié à la crise sanitaire impacte inévitablement le comportement de nos enfants. Sans tomber dans le dramatisme , je remarque tout de même au quotidien des signes d’anxiété chez mes enfants de quatre et six ans: des réactions, des paroles, parfois drôles, parfois touchantes…

« Drôle » de virus

Il y a un an, alors que la France annonçait ses premiers cas et que nous étions encore dans une certaine perplexité sur l’évolution de la pandémie, le mot « coronavirus » est apparu tout à coup dans le vocabulaire de mes enfants. « Quel drôle de mot! « , ils s’amusaient alors à prononcer « le plus correctement possible » ce nouveau mot sans signification que l’on entendait dorénavant en continu à la télévision et lors des repas de famille. Coronavirus par ci, coronavirus par là…

Coronavirus, où te caches-tu?

Aujourd’hui, l’amusement des débuts a laissé place à une certain agacement et à une inquiétude un peu plus profonde. Petit à petit le (désolée mais je n’arrive pas à dire la) covid a pris de plus en plus de place dans leurs petites vies d’enfants insouciants. Du jour au lendemain, les adultes se sont mis à porter des masques qui leur cachent la moitié du visage « quelle drôle d’idée, étrange, vraiment très étrange ». Bien sur, nous leur avons expliqué avec des mots simples et adaptés à leur âge que cela servait « à se protéger du virus et à protéger les autres pour qu’ils ne tombent pas malade ». Mais pas si simple pour un enfant de comprendre cela, si abstrait, si loin de leurs préoccupations… « Où est le virus, je ne vois rien? » me demande mon fils. Et oui, le problème est bien là: « Nous ne le voyons pas! ». Interprétation de mon fils:  » il peut être partout… « .

C’est alors, qu’il s’est mis à nous dégoter des virus un peu partout dans la maison, sur le carrelage, sous le tapis, sur la table du salon… Et puis surtout, et c’est ce qui me pose le plus question , il s’est mis à se sentir lui même potentiellement dangereux pour les autres, convaincu d’être porteur d’un virus qu’il peut propager partout autour de lui: « maman il ne faut pas s’approcher, parce que je suis malade ». Autre nouveauté, il se sent également en danger quand des personnes s’approchent de lui d’un peu trop prêt: pour l’anecdote, je me souviens de cette grosse crise de colère, lorsqu’un jour son grand-père a osé lui faire un petit bisou pour lui dire au revoir. « Papi tu es malade, pas de bisou!!!).

Coronavirus : tu fais partie de ma vie

Ma fille un peu plus âgée, prend quant à elle les choses avec beaucoup plus de recul. Sa grande préoccupation du moment est de se laver systématiquement les mains au gel hydroalcoolique dès qu’elle aperçoit un flacon, et de porter dès que possible un masque à l’effigie de ces héroïnes préférées ( masque devenu, apparemment pour elle, un nouvel accessoire de mode très tendance). Elle est dans une forme d’imitation du comportement de l’ adulte et s’accommode aisément à ces nouvelles contraintes. Ce qui la dérange davantage est de ne plus aller à la danse et de voir moins souvent ses grands-parents.

Exprimer et accueillir les émotions

Pendant cette période difficile pour tous, rien de mieux à mes yeux qu’aider nos enfants à trouver des moyens de s’exprimer. Parler, dessiner, peindre, accueillir leurs émotions, répondre le plus simplement possible à leurs questions, et surtout passer des moments « hors du temps » où l’on oublie enfin ce maudit « coronavirus »…

Originally posted 2021-02-04 14:25:43.

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